Zoom sur… Mousquetaires du Roy
Mousquetaires du Roy a été présenté à Jeux'n'CO lors de la soirée du 23 novembre 2010.
1625. D’Artagnan, un jeune Gascon tout juste débarqué de sa province dans le but de devenir Mousquetaire du Roy, fait la connaissance d’Athos, Aramis, Porthos ainsi que de la belle Constance, lingère de la Reine. Bien vite, il se trouve mêlé à une intrigue dont l’enjeu est le destin de la France.
À vous de réécrire l’Histoire ! Vivrez-vous cette aventure du côté des Mousquetaires ou de Milady ?
Merci à Ystari d’avoir offert ce jeu à Jeux’n’CO !
- Maximilien joue Milady et place des pions redoutables sur la quête principale...
- Les mousquetaires et leur capitaine Tréville mettent au point une stratégie...
- Siffler en complotant... (air connu)
- Alexandra et Roger-Claude redoutent une perfidie de Gontran... Ils ont raison.
- Une partie gagnée par Milady, où l'honneur de la Reine a été entaché irrémédiablement !
- Une troisième partie, avec des mousquetaires qui n'ont pas froid aux yeux !
- Mais au tour 1, l'accident bête, Portos tombe.
- Gontran joue Milady et s'apprête à jouer une carte qui va envoyer Athos rejoindre Porthos...
- Les intrigues de Milady au Louvre inquiètent nos vaillants combattants...
- La vue depuis Milady... En face, ça discute dur sur la stratégie à employer.
- Tous les mousquetaires sont là pour finir les défis du passage vers Londres.
- Dernier tour, dernière action : Caroline a les cartes en main... Et elle fera gagner les mousquetaires au tout dernier jet de dé ! Epique !
La fiche de Mousquetaires du Roy dans la ludothèque de Jeux’n’CO












Les avis des membres de Jeux'n'CO
Maximilien :
Je cherche le mot le plus approprié pour qualifier les Mousquetaires du Roy. Je pense avoir enfin trouvé : « Chef-d’œuvre ». Oui, je pense que c’est le bon mot.
Que dire de plus ? Eh bien c’est une excellente question.
Mousquetaires du Roy doit être, selon moi, dans toutes les ludothèques.
P.S. Rien que d’écrire ces quelques lignes me donne envie d’y rejouer !
Eh bien voila, je sais quoi jouer à la prochaine soirée-jeu. Mais qui jouer ? Un mousquetaire ou Milady ? Le choix est difficile, que ça soit l’un ou l’autre c’est tout aussi intéressant !
Gontran :
Un jeu pour les affronter tous les quatres et dans la défaite les plier.
La première impression, c’est l’épopée.
Le thème évidemment, mais aussi cette couverture qui rappelle les vieilles affiches de Star Wars (et autres films de cape et d’épée). Une fois la boîte ouverte, le décor interpelle : la classique séparation en différentes « zones » des jeux coopératifs a été ici astucieusement utilisée pour donner au plateau l’apparence d’une page de BD. Le talent dont a fait preuve l’illustrateur Neriac pour le dessin des personnages donne tout de suite au jeu un parfum d’aventure, et rappelle illico de vieux souvenirs de lectures héroïques grâce au choix du style franco-belge (pourtant extrêmement rare dans le monde ludique).
Passé la lecture des règles, un peu difficiles mais plutôt moins que celles des autres grands jeux coopératifs, on choisit son personnage et on se prépare à tout faire pour sauver l’honneur de la Reine, provoquer les méchants en duel et contrarier les plans de Richelieu.
Ou pas.
Car un joueur peut jouer la terrible Milady de Winter, et sa tâche sera alors de mettre tous les bâtons possibles dans les roues des pauvres mousquetaires (il est possible de jouer sans Milady, entièrement coopératif, mais le jeu perd en intérêt – ou alors pour le découvrir plus aisément).
Et c’est là où le game design de ce nouveau coopératif fait mouche : jouer Milady est un vrai bonheur, l’affronter aussi.
Parce qu’elle dispose de nombreux moyens de faire très, très mal aux mousquetaires. Elle peut donc être jouée avec une perfidie élaborée, en calculant le pire moment pour plonger les mousquetaires dans le désarroi, et en adoptant des attitudes tour à tour goguenardes et sardoniques. On aurait tort de s’en priver, tant cela colle au thème et apporte de l’ambiance !
Milady peut démarrer des complots à Paris, lancer des rumeurs contre la Reine au Louvre, contrarier le siège de la Rochelle, envoyer son fidèle Rochefort en duel. Elle choisit les adversaires et les embûches que rencontrent les mousquetaires à chaque renouvellement de quête.
En face, les joueurs mousquetaires doivent donc faire preuve d’une bonne capacité de réflexion collective et de coordination, tant les problèmes surgissent de partout.
Ils n’ont qu’un moyen de gagner : finir la quête principale, et ils ne doivent pas l’oublier ! Car Milady va les distraire et les obliger à dépenser des actions en d’autres endroits, où elle allume consciencieusement les feux de leur défaite potentielle.
Le problème de certains jeux coopératifs est la perte de challenge une fois le jeu connu, ou l’apparition d’un leader à la table qui prend toutes les décisions pour le groupe.
Comme pour l’excellent Ghost Stories, ces problèmes sont déjà en partie résolus par la difficulté du jeu (qui est tendu jusqu’au bout du bout si les joueurs Milady et Mousquetaires sont de même niveau).
Mais surtout, les joueurs ne peuvent pas communiquer si aisément sur ce qu’ils peuvent faire et ont en main car Milady écoute tout ce qui se dit et en tire de précieuses informations. Oublié le plan murement discuté dès le début du tour et qui s’appliquera à tous sans coup férir, d’autant que Rochefort peut surgir là où on ne l’attendait pas…
Enfin, avant de combattre un adversaire, un joueur décide seul des cartes combat qu’il est prêt à ajouter à sa force de base pour déterminer le nombre de dés lancés, celles-ci étant précieuses et à employer avec parcimonie… On vibre donc agréablement quand on lance les dés lors des combats, résolus grâce à un système simple à base d’épée/bouclier, mais agrémenté d’une idée géniale au niveau ludique et thématique : la « botte secrète » ! Si on sort une certaine combinaison de dés, l’adversaire est directement blessé et le combat est gagné. Et plus on lance de dés, plus on a de chances de faire mouche, ce qui nous ramène à la gestion des cartes…
Une place parfaite pour le joueur expérimenté faisant découvrir le jeu à des nouveaux joueurs est celle de Tréville, la figurine bonus du capitaine des mousquetaires. Une fois par tour, il peut donner une action à un autre joueur et il aura souvent intérêt à le faire. Idéal pour aiguiller les débutants sans choisir leurs actions à leur place.
D’aucuns ont signalé la ressemblance de Mousquetaires du Roy avec de précédents jeux coopératifs. Il est vrai qu’à première (et courte) vue on retrouve les différentes quêtes des Chevaliers de la Table Ronde, l’opposition quête principale/quêtes secondaires du Seigneur des Anneaux, voire – en poussant le bouchon un peu loin – les test de compétences d’Horreur à Arkham et les combats de dé contre les séides comme dans Ghost Stories.
Mais sérieusement, aucune, absolument aucune de ces caractéristiques « normatives » ne se transpose en situations ludiques déjà vues. Ce nouveau jeu a son mélange bien à lui, et ses idées fortes particulières : la puissance de nuisance de Milady, les challenges composés de plusieurs défis de type différents, l’ambiance oscillant entre forfanterie gourmande et calcul froid. Et bien sûr le thème, car l’adéquation des mécanismes avec celui-ci est peut-être la plus forte des jeux coopératifs disponibles, et cela semble avoir été un objectif important pour les deux auteurs, Gilles Lehmann et François Combe.
Mousquetaires du Roy est un jeu réussi sur toute la ligne : avec un look audacieux, un thème plutôt rare, et des mécanismes d’horloger (ce n’est pas un Ystari pour rien) bâtis autour de la confrontation centrale entre un joueur perfide et ses nobles opposants.
La rejouabilité est exemplaire, on est surpris des nombreuses possibilités dont dispose Milady pour bâtir ses intrigues, et une partie où elle démarre en attaquant violemment sur La Rochelle ne ressemblera pas du tout à une partie où elle vise la Reine, ou joue la montre.
A l’annonce, il ressemblait un peu à un rêve ce jeu, pour moi qui suis très amateur de jeux coopératifs, fan des différentes productions de l’éditeur Ystari Games, et passionné des thèmes historiques…
Et bien le résultat est à la hauteur de l’attente, car voilà un véritable chef d’oeuvre ludique. L’un des gros coups de coeur de l’année 2010, décidément riche.
Roger-Claude :
Très bon jeu, différent des autres jeux coopératifs.
Comme dans d’autres il y a plusieurs façons de perdre et une seule de gagner, qui est la réalisation de la quête principale. Mais ici on ne peut jamais laisser tomber définitivement l’un des aspects du jeu en cours de route car tout reste menaçant jusqu’au bout. Il faut régulièrement résoudre les conflits des plateaux annexes mais ceux-ci ne font que retarder la quête principale.
Je n’ai pas encore eu le plaisir de jouer Milady, qui doit tout faire pour que les mousquetaires ne puissent pas réaliser leur quête principale.