Zoom sur… Tournay

Tournay a été présenté à Jeux'n'CO lors de la soirée du 25 octobre 2011.

Tournay est le nouveau jeu du trio d’auteurs Sébastien Dujardin, Xavier Georges et Alain Orban qui avaient créé le surprenant et désormais incontournable Troyes. Dans Tournay, chaque joueur va reconstruire un quartier de la ville, celle-ci ayant été entièrement dévastée par le passage des Normands en 881. Également édité chez Pearl Games, ce jeu bénéficie du travail d’illustration remarquable d’Alexandre Roche (déjà illustrateur de Troyes).

Niveau matériel, le jeu dispose de 9 pioches de 9 cartes de 3 couleurs différentes (jaune pour les civils, blanc pour les religieux, rouge pour les militaires) et de 3 niveaux différents (de 1 à 3). Dans chaque tas de cartes vient se glisser une carte « Crieur Public ». Comme pour Troyes, on retrouve les cartes évènements qui sont le plus souvent néfastes aux joueurs (certaines sont bénéfiques). Les cartes sont vraiment très belles et plongent les joueurs dans une ambiance moyenâgeuse très prégnante. L’iconographie est claire tout comme les aides de jeu.

Tournay offre aussi un petit plateau où sont placés 9 habitants (3 dans chaque couleur suscitée). On peut souligner le travail d’édition des meeples dont la forme diffère selon leur ordre.

Les joueurs disposent d’une carte place où viennent s’installer 6 habitants (2 dans chaque couleur). S’ajoutent des pions deniers, ainsi que des pions habitants gris et des marqueurs de dommage.

Tournay se pratique de 2 à 4 joueurs, qui vont essayer de construire le quartier de la ville le plus prestigieux possible. A la différence de la mécanique de Troyes qui utilisait le lancer de dés, c’est la pioche de cartes qui est ici au cœur du système de jeu.

Un quartier se compose généralement d’un ensemble de 9 cartes (3 x 3). Pour construire son quartier, le joueur dispose de 5 actions différentes : piocher des cartes, activer un bâtiment de son quartier, lutter contre les évènements, gagner des deniers, rassembler ses habitants dans sa place. Si un joueur a une carte quartier dans sa main, il peut la jouer facultativement au début de son tour, et en payant le prix.

Le quartier va alors pouvoir être composé de bâtiments et de personnages aux pouvoirs variés, mais aussi de bâtiments de prestige, sources de points à la fin du jeu. Les « crieurs publics » déclencheront les effets des évènements (toujours au nombre de 3) quand ils seront piochés. Un joueur pourra payer les autres joueurs pour utiliser leurs habitants, couvrir une carte quartier par une autre, et lutter contre les évènements avec les remparts.

Le jeu se termine de 2 façons : soit 2 joueurs ont fini leur quartier de 9 cartes dont au moins 2 bâtiments de prestige, soit un joueur a fini son quartier et un nombre suffisant de crieurs publics a été dévoilé (nombre de joueurs + 1). Un dernier tour de jeu est effectué, puis on peut encore ajouter une ultime carte. On procède ensuite au décompte des points : bâtiments, personnages, remparts, sans oublier les bâtiments de prestige qui font gagner des points à tous les joueurs. Le plus haut total l’emporte.

Tournay est un jeu très complet qui délivre ses richesses tactiques au fil des parties. De nombreuses stratégies peuvent être envisagées et l’agencement des pioches (cartes quartiers + évènements) fait que chaque partie est unique. C’est aussi un jeu très facile d’abord, à la fluidité exemplaire et dont le dynamisme rend les parties rapides et tendues. Bref, encore un coup de maître pour cette sympathique équipe d’auteurs et un « must-have » ludique pour tous les amateurs de jeu de gestion.

Armel

La fiche de Tournay dans la ludothèque de Jeux’n'CO

Les avis des membres de Jeux'n'CO

Jean-Pierre :

Se dégage après ma première partie, cette envie que vous connaissez tous : rejouer.

Rejouer pour découvrir la diversité des cartes, la possibilité de réaliser des combos lors de la construction de son quartier, la règle de la pioche qui oblige de choisir entre 2 cartes puis dévoiler l’autre et la rendre disponible, la peur ou l’envie de piocher le crieur public (colporteur d’effets néfastes mais parfois positifs pour certains et/ou déclencheur de fin de partie), exploiter les bâtiments des autres avec une carte spéciale, surveiller tous les quartiers pour me développer selon leur bâtiment de prestige, lutter contre les événements me permettant de construire des remparts pour les suivants, acheter de nouveaux habitants pour me faciliter mes actions et /ou les prendre aux autres, piocher rapidement une carte de niveau III dans le but de construire mon quartier selon ses effets ou me développer avec de « petites cartes » et accélérer la partie, sans oublier que je peux empiler des cartes de même couleur sur chaque emplacement de mon quartier générant des points ou de nouveaux combos, penser qu’après le dernier tour je peux encore poser une carte… et tant et tant de choses que je n’ai sans doute pas vues dans cette partie de découverte, qui présagent d’agréables moments.

Chapeau bas messieurs, et une question sur vos projets me brûle les lèvres :
Après Troyes Tournay, qu’allons nous encore déguster ?

Jérôme :

Tournay méninges !

On y retrouve la même ambiance qu’à Troyes, mais avec une mécanique complètement différente.
Les stratégies sont ici très nombreuses grâce à un choix d’actions riche, une grande variété de cartes et une mécanique astucieuse, assurant ainsi une grande rejouabilité.

Bref j’ai adoré, un incontournable pour joueurs avertis.

Armel :

Tout comme Troyes, ce jeu m’a mis une belle claque ludique et il sera mien dès qu’on pourra se le procurer en boutique.

Je me joins à mes deux prédécesseurs pour clamer que la richesse stratégique qui se dévoile au fil des parties de Tournay fait de ce jeu une réussite majeure et incontournable de cette année 2011.

Et tout comme Jean-Pierre, je suis extremement curieux de connaitre la prochaine production de Pearl Games.

Daybay :

Tournay, sous ses faux airs de jeu de cartes sympathique, poignarde sournoisement le cervelet. Et on aime ça en plus.
Plus encore que dans Troyes, à mon humble avis. En effet, lors des quelques parties que j’ai effectuées, il m’a semblé difficile de définir un axe stratégique efficace tant les variables fluctuent tout au long de la partie.
Par variables j’entends, les autres joueurs foncièrement pénibles, l’ordre de tirage des cartes forcément inadapté à sa stratégie de la mort, et les événements évidemment acharnés contre votre aimable petite personne.
Bref, Tournay, un jeu qui fait du bien là ou ça fait mal. Voire l’inverse. Quoique cette phrase n’a peut être aucun sens, en fait.

Le Zoom sur...

Cette publication suit l'actualité ludique en présentant des sorties importantes, et correspond à une soirée de présentation du jeu en question dans nos locaux. Les jeux abordés ici ont tous été offerts à Jeux'n'CO par leurs éditeurs. Pour que l'information sur le jeu soit plus complète, tous les membres de l'association peuvent laisser un avis argumenté sur le jeu au-dessous de la présentation.

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